Le GMA-Vosges dans la Resistance

 

          En 1940, peu après la débâcle, Paul DUNGLER, alsacien de Thann, fonde avec d'autres compatriotes, Marcel KIBLER  et l'abbé Pierre BOCKEL entre autres, la septième colonne d'Alsace qui sera enregistrée à Londres sous le nom de "Réseau Martial". Par la suite Marcel KIBLER (dit Marceau)  et Jean ESCHBACH (dit RIVIERE) décideront de former des groupes de combats : les groupes mobiles d'Alsace (GMA). Ils seront au nombre de trois : le GMA sud créé en Dordogne et qui  deviendra la brigade d'Alsace-Lorraine, le GMA Suisse formé d'alsaciens et de lorrains  et  le GMA-Vosges qui va s'installer  à la frontière de  l'Alsace. En Octobre 1943, le docteur René MEYER (dit Marc) arrive à RAON L'ETAPE pour mettre en place l'infrastructure du GMA-Vosges. Au printemps 1944, les autres dirigeants (Marceau et Rivière) prennent alors leurs fonctions.  
          Une ébauche de maquis se créé dans un abri de la guerre de 1914-1918 à la CHAPELOTTE.
Elle est constituée de prisonniers russes évadés et de jeunes venant d'autres maquis ayant été dispersés. René RICATTE (dit Jean-Serge) en  assume le commandement. L'afflux important de volontaires, de jeunes fuyant le STO (Service du Travail Obligatoire), de réfractaires  et de prisonniers de guerre français évadés d'Allemagne mais aussi des prisonniers de guerre d'autres nationalités (russes, serbes, tchèques...) impose pour des raisons de sécurité  la création de deux centuries. La 1ère centurie est placée sous le commandement de Jean-Serge. La deuxième,  sous l'autorité de Félix, est implantée au Jardin David près du lac de la Maix. Seront aussi constituées,  sur le papier des centuries dites en pointillées qui devront participer aux combats futurs lorsque elles seront armées. Au total, six centuries seront formées, deux seront armées rapidement, les autres seront levées au moment opportun. 
          Le GMA-Vosges reçoit les missions de :
-recueillir les prisonniers alliés évadés, les déserteurs ou insoumis de la Wehrmacht, les réfractaires au STO.
-instaurer avec les paras anglais, un climat d’insécurité afin de maintenir un maximum de troupe dans le massif vosgien pour éviter l’envoi sur le front.
-de libérer le camp de SCHIRMECK et le camp d’extermination du STRUTHOF.
-de tenir les cols du DONON, du PRAYE et du HANTZ afin de faciliter le passage des VOSGES aux alliés.
          Un premier parachutage a lieu près de Moussey (88). Les deux centuries participent, avec l'aide d'hommes venus de la vallée du Rabodeau et de la Plaine, à la réception des armes  qui furent les leurs, ainsi qu'un détachement de douze parachutistes anglais (SAS), d'une mission franco-britannique (Jedburgh) et du matériel radio.
          Le 17 août, des troupes allemandes  participant à l'opération Waldfest attaquent la deuxième centurie et un groupe de SAS installés au « Jardin David ». La centurie est dispersée. Les allemands font une chasse à l’homme. Le GMA déplore ses

premiers morts comme en témoignent les stèles situées à ALLARMONT, VEXAINCOURT et MOUSSEY. Les prisonniers sont torturés puis fusillés ou déportés dont 4 SAS. Sur le camp, les allemands découvrent des sacs dans un  desquels se trouve la liste des hommes de la 6ième centurie, ce qui donnera lieu à une rafle dans les villages. Un second parachutage au lieudit  ‘’La pédale" près de VENEY (54), a lieu dans la nuit du 31 août au 1er septembre. Des SAS, commandés par le colonel FRANKS, sont largués ainsi qu’un officier français, le commandant Henry DERRINGER, qui doit prendre le commandement en phase opérationnelle, du GMA-Vosges, ainsi que du matériel. Le colonel FRANKS annonce un parachutage beaucoup plus important pour dans deux jours. Celui qui permettra d'armer toutes les centuries du GMA.
          Ce 1er septembre, au Struthof, devant l’avancée des alliés, les allemands massacrent 35 maquisards du GMA arrêtés dans les jours précédents, ainsi que 106 membres du réseau Alliance.
          L’ordre est donné de lever toutes les centuries pour ce parachutage prévu la nuit du 3 septembre. Pour cause de mauvais temps sur l’Angleterre, les avions ne décollent pas et le parachutage est repoussé au lendemain. Les ordres sont de garder groupés tous les hommes à la ferme abandonnée
de VIOMBOIS sur la commune de NEUFMAISONS. Sur les 700 ou 800 hommes qui se trouvent là, moins d’une centaine sont armés.
          Dans la matinée du 4 septembre, alors que la ferme qui se trouve au centre d’un triangle de villages occupés par les allemands, aurait dû être évacuée,  plusieurs accrochages ont lieu
En début d’après-midi, la ferme est encerclée. Un premier assaut est lancé vers 15h30. Après plusieurs assauts, repoussés par les hommes de la première centurie, les seuls armés, les allemands décrochent vers 21h10.
Les maquisards profitent de la nuit pour s’exfiltrer par petits groupes. Ils laissent 57 tués dans ce combat.
          Les rafles dans tous les villages environnants font que ce sont environ 1500 civils qui disparaitront, assassinés ou déportés.
          Une partie des rescapés armés a rejoint les alliés et en particulier la 2° DB, d’autres sont restés dans la clandestinité, les autres, surtout les non-armés, ont essayé de rejoindre leur village, certains tombant dans les filets allemands qui menèrent une chasse à l’homme dans tout le secteur.
          Le GMA-Vosges aura à déplorer : 64 tués au combat, 97 fusillés ou abattus, 35 massacrés au Struthof, 187 morts en déportation hors de France, 10 disparus, 1 tué et 1 disparu avec la 2ème DB et il faut rajouter 22 SAS.